Mardi 07.06.2011 : Logroño suite et fin

L’Office du Tourisme pour un avant dernier billet. Un peu triste mais c’est comme ça. Au moment de me lever et de partir, la douleur qui remet ça, à ne pas pouvoir me lever ni même me rassoir. Demander de l’aide et l’adresse d’un toubib.

Une impression de douceur toute cotonneuse, des voix venant de loin : « monsieur, n’essayez pas de vous lever ». Il me faut un peu de temps pour réaliser où je suis. Le nez sur la moquette ça c’est sûr. Je me suis évanoui. Les hôtesses viennent me voir, elles m’apportent du sucre au cas ou ce soit de l’hypoglycémie, de l’eau. Elles ont eu la frayeur de leur vie, elles m’ont vu tomber et m’ont crû mort, les pauvres.

L’ambulance qu’elles ont appelée, a priori une lombalgie mais direction les urgences. Et merde, bien sûr je n’ai pas l’arrestation médicale internationale vu que j’y ai pensé 3 jours avant le départ. Bon. Les urgences sur un fauteuil roulant à chercher une position qui ne me fasse pas souffrir. Hôpital tout neuf mais les urgences sont ici aussi une bonne école de patience, d’autant plus qu’il y a le papy infernal. 90 ans, envie de causer ou plutôt causant sans fin, pire : me causant. Je ne saisis qu’un mot de temps en temps, lui dis 2 ou 3 fois que je suis français et ne parle pas espagnol mais ça ne l’arrête pas. Et le pire c’est qu’il faut que je l’écoute sinon il parle plus fort.

Les toubibs de temps en temps, où plutôt 2 apprenties toubibesses marrantes et très appliquées. Interrogatoires en règle, échanges un peu sportifs mais enfin. De temps en temps elles disparaissent causer à leur médecin référent, revenant avec un papier couvert d’une écriture illisible qu’elles retranscrivent consciencieusement. Perfusion pour la douleur, électronique-cardiogramme, analyse de sang, d’urine, radios. Pire que dans Docteur House. Avec de longues périodes d’attente à côté du papy. Pas content le papy parce qu’il voudrait qu’on s’occupe de lui, en attendant il entreprend tous ce qui ont le malheur de s’arrêter ici mais même là sa voix m’exaspère.

Après 4h le verdict tombe : colite néphrétique, c’est nouveau ça. Une ordonnances pour des médocs demain, des antidouleurs, faut juste attendre que la nature fasse son œuvre. Bises à mes copines toubibesses et rentrer sur Logroño sans être inquiéter par des questions bassement administratives, ouf.

Il est 23h30, j’ai passé 5h aux urgence. En attendant, j’ai faim et les espagnols ont beau manger tard, là quand même… Un seul troquet ouvert dans ma rue, pas de bocadillo mais des tapas à base de champignons, 6 ou 7 sorte de champignons différents. La patronne devant mon indécision me propose un assortiment. Allez, et un verre de rouge pour aller avec, Rioja oblige. Un régal, chaque bouchée a un goût différent. Oubliés les soucis et les urgences, la vie est belle je vous dis.

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Lundi 06.06.2011 : Logroño

Le mal de dos est toujours là et je n’ai jamais autant appliqué la méthode prescrite par mon osthéopathe pour me lever du lit. En attendant je suis bien embêté jusqu’à ce que je tombe sur les médocs que j’ai demandé à mon toubib en cas de crise de cervicalgie. Décontracturant et anti- inflammatoire, si ça me permet d’avancer…

J’arrive à mettre le sac et même une fois bien sanglé ça va mieux. Il pluviotte alors la veste et le couvre-sac dès le départ. une bonne suée aussi avant même que de commencer à marcher parce qu’il fait très lourd, ça promet.

La nationale sur 3km, beaucoup de trafic mais ce n’est pas important, j’ai 2m de piste rien que pour moi. Le dos s’est fait oublié, les pieds vont bien, je pousse même la chansonnette. 3h de marche jusqu’à Logroño, le moral est revenu.

Changement de chemin, exit la nationale et place à un large chemin de terre damé par une noria de gros camions du BTP. je ne sais pas ce qu’ils font au bout mais le trafic est impressionnant et je me sens un peu petit. Heureusement, nous nous séparons et je retrouve ma tranquillité et … des cerisiers. Autant dire que je m’aménage des pauses.

Logroño, entrée interminable par la nationale retrouvée puis par une enfilade d’avenues. Beaucoup de monde, c’est une belle ville. L’office du tourisme pour les questions d’usage, ma pension est toute proche pour 2 jours de retape. Dans une rue avec beaucoup de bars, en fait c’est la rue principale du « casco antiguo y gastronomico » mais enfin je saurai où manger comme ça. Et me cultiver bien sûr. Plus épuisante, la logeuse : une boule d’énergie et de paroles circulant à toute vitesse dans sa pension pour faire ceci cela à grands coups de balais et de serpillère, j’ai l’impression qu’elle est partout. Elle est d’origine bulgare et nous discutons du pays.

Enfin seul dans la chambre, tomber le sac et la douleur est là, fulgurante. Je ne sais pas comment faire pour m’assoir sur le lit, me coucher. Bon, manger un morceau et trouver une pharmacie. Pour manger, en face ça ira très bien, tapas y bocadillo et le monde ne semble pas si triste. La pharmacie n’est pas loin, j’explique ce que je prends pour éviter les mélanges douteux. Courses et un café solo à part que là il me faudra 5 bonnes minutes pour me jucher sur le tabouret, sous l’oeil ahuri de la serveuse. Tentative par la droite, tentative par la gauche, attaque frontale. Heureusement qu’il n’y a pas de clients en plus.

Retour à la pension pour la sieste à part que la sieste de fait couchée… 10 minutes pour m’installer, je n’arrive même pas à enlever les spartiates. Pommade, le traversin entre les bras (quoi ? quoi ?) et j’attends un mieux qui ne viendra pas. Des manœuvres sans fin pour ne serait-ce que me retourner, je n’envisage pas la suite sereinement.

Réveil, se mettre debout. La douleur d’un coup et je me couvre de sueur, la nausée aux lèvres. Aller prendre l’air à la fenêtre, passer de l’eau sur la figure, là c’est bon : direction l’Office du Tourisme pour voir comment rentrer en France. J’ai fini ici le Camino Catalan et le Camino de l’Ebre, inutile de de faire d’avantage mal.

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Dimanche 05.06.2011 : Agoncillo

Départ au petit matin dans une ambiance de petit matin, au milieu des vignes tapissant les collines. Pas de cerisiers mais toujours des lapins, seul ou en compagnie. L’air est chargé d’humidité qui devrait cumulifier en cours de matinée, en attendant et en l’absence de vent ça donne une atmosphère lourde.

Montée puisque aujourd’hui montée il y a. Une montée douce et régulière bien que longue, il faut juste se concentrer sur le chemin et aller « todo recto » malgré les chemins secondaires. Pas d’arbres ou de rochers, pas de flèches jaunes. Ca va, j’atteins la bonne bifurcation, un plateau et je plonge vers la vallée de l’Elbe.

Changement de décor : après, la sècheresse des vignobles et du plateau, j’ai l’impression de marcher en forêt équatoriale, entre le fleuve et une falaise. Arbres et plantes denses et surtout une multitude d’oiseaux nichés dans la paroi et piaillant à qui mieux-mieux, Espagne oblige. Toujours des lapins et une bestioles qui fait le mort dans un pierrier. Un caillou histoire de le faire bouger, c’est un renard de belle taille.

Arrubal pour un bocadillo puis une piste à travers des vergers jusqu’à Agoncillo. J’ai bien marché, je vais lever le pied jusqu’à l’hôtel au sortir de la ville. Un marché apparemment dans les rues de la ville, mais avec des badauds en armure et cote de maille… Toute la ville est un gigantesque marché médiéval. Devant le château il y a des baladins, des tournois. Nous étions tombé sur un marché médiéval à Castres Evelyne et moi, mais ici c’est très vivant. Et bruyant bien entendu.

Dernier kilomètre avant la douche et… un cerisier.

L’hôtel, un routier en bord d’une nationale très passante. Bruits de camion toute la nuit en perspective. Un café solo pour fêter l’arrivée, je tombe le sac et une douleur vive me transperce le bas du dos. Et elle dure, et merde. Monter comme je peux dans la chambre, masser la zone. Ce n’est pas une sciatique, ce n’est même pas sur la colonne vertébrale. En attendant ça ne passe pas et ça fait un mal de chien, une douche bien chaude et une bonne sieste n’y font rien. Une bonne nuit peut-être ? En attendant, mon moral se prend une bonne claque, même Nounouche et Mademoiselle côtelette se taisent, conscientes de la situation.

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Samedi 04.06.2011 : Alcanadre

Une bonne nuit, un départ tranquille : comme d’habitude la ville est à moi si tôt. J’ai tracé la sortie sur le plan hier soir, ça évite de s’énerver.
Le guide disait que c’était une des étapes les plus agréables, je suis entièrement d’accord. Des jardins puis de la vignes à perte de vue Rioja oblige. Un « château » au milieu de tout cela, monstrueuse construction moderne avec tours, tourelles et créneaux.

Chemin de pierre, des fleurs sur les bas-côté. Rien d’extraordinaire : coquelicots, chicorée sauvage pour celles que je reconnais et aime. Les jours précédents leur couleur éclatait, à croire qu’elles étaient saturées de lumière. Là, elles sont plus modestes peut-être par comparaison à quelques cerisiers chargés de fruits… Pas besoin d’échelle, ils sont taillés de telle façon qu’il suffit de tendre la main.

Quelques bandes de lapins, un renard aussi. Les lapins sont bizarres, ils passent d’un côté du chemin, discutent du meilleurs côté pour se planquer, passent de l’autre côté, changent d’avis, avancent sur le chemin puis partent comme des fous se cacher chacun dans son coin. Deux pèlerins à bicyclette à une heure d’intervalle, le second s’arrête pour taper la causette : il cherche une route pour éviter la grosse montée avant Alcanadre. C’est vrai, « agradable pero dura ». Initialement une étape de 36km avec 2 montées un peu raides, j’ai coupé la chose en deux, reste la première montée. Le paysage commence à se modeler mais les pentes restent douces.

Dernière heure, j’ai eu un moment de fraicheur et de vent, là ça repart vers le très chaud et il n’est pas midi. Et je suis au pied du mur : la montée est là qui commence relativement doucement, continue relativement doucement et se termine calmement, à en être frustré.

Descente, la ville et le bar « La Union » pour les clés de l’Albergue », un bocadillo conséquent et un moment de repos. A chaque fois que je repars ça fait penser aux premiers pas de du monstre de Frankenstein mais enfin…

L’Albergue est installée dans la gare désaffectée, au premier étage, dans l’ancien appartement du chef de gare. Des pièces aux couleurs « pétantes », seules certaines contiennent des lits. Sur des sites jacqaires ils parlaient d’auberge rustique sans eau chaude, effectivement. Bon, lessive, toilette de chat. Je me dis que le jet de la douche sur les pieds me ferait du bien mais enfin… La sieste.

Réveil par le vent à part que non : une averse monstrueuse. Rester au lit à rêvasser puis partir faire les courses. Tout est déjà sec. Repérer l’église, la tienda à part qu’elle est fermée le samedi après-midi. Bon, ce sera « La Union » ce soir aussi.

Pas de point WIFI évidemment vu la taille du pueblo, je m’installe dans un bar pour un café, à regarder un championnat de pelote basque à la TV et à écouter les papys jouant aux cartes se chamailler.

Direction « La Union ». Sous le porche de l’église, un homme allongé, un sac à dos à ses côtés. Un look de bond plutôt que de pèlerin, j’espère qu’il ne crêchera pas avec moi. Ce n’est pas tout ce que vous voulez mais j’en au pas envie d’être emmerdé. En attendant … Ben je me suis perdu, dans un village de 1000 habitants il faut le faire. Je finis par demander mon chemin à un gars avec une poussette et un gamin en plus. Trop compliqué à m’expliquer, il va m’amener. Tout heureux d’avoir une excuse d’aller au bar oui. En route, de grosses gouttes commencent à s’écraser au sol. « Venga Venga » et de de mettre à courir. Je ferai ce que je peux.

« La Union ». Blabla avec le patron : non, il n’a pas vu un autre pèlerin. Diner ? Pas de problème, à 10h… Oui, les gens mange tard ici, je vais voir si j’arrive à tenir sinon un bocadillo caliente. En attendant, je baille aux corneilles. 2 TV dans le bar branchées sur 2 chaînes différentes, volume à fond histoire qu’on les entende et les consommateurs qui font de la surenchère. C’est bon, le bocadillo et si je ne m’endors pas je reviendrai.

Dehors, tous les bars ont ouverts. C’est dingue, 2 épiceries fermées et 6 bars ouverts (oui mon Nono, je n’ai absolument que ça à faire). Devant l’un d’eux dédié aux Beatles (c’est son nom et c’est la musique qui s’en échappe), c’est le spectacle : 3 gamines de 20-25 ans très très court vêtues prennent des poses qui se veulent sensuelles. C’est complêtement raté.

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Vendredi 03.06.2011 : Calahorra

Vous savez quoi ? Je me suis rendormi… Rien de dramatique, jusqu’à 7h30 mais adieu la fraicheur d’autant plus que les nuages annoncés à la TV ne sont pas au rendez-vous. Quand j’ai vu l’heure je me suis dit « Bof » (non mon Nono, pas « Beauf ») et j’ai même farnienté un peu plus.

Cheminement sur une route empierrées, au milieu de vergers jusqu’à Rincon de Soto où je me pose pour un bocadillo. Un grand troquet avec plein de papys en train de lire le journal, ils s’adressent la parole en hurlant parce qu’il ne faut pas perdre l’habitude, il faut que je me fasse une raison. Les vergers ? Des champs de poiriers, la poire de Soto est même protégée par une AOC. je m’étonne juste de ne pas voir de produits dérivés.

3h de cagnard enfin pour finir. Les dernières heures sont toujours plus longues que les premières mais là particulièrement. Je regrette mes heures (bon, 1h) au lit ce matin mais je me dis que j’y étais « trop bien ». Enfin, les trois prochaines étapes seront très courtes, de l’ordre de 5h, et je devrais arriver à concilier tout cela sieste en sus. En attendant, je tire la langue : l’asphalte n’est vraiment pas l’idéal pour crapahuter et je m’aperçois que mes réserves d’eau s’épuisent trop vite. 2,5 litres pour 3h quand même…

Calahorra, que je voyais depuis 3h et que je viens de rejoindre est sur une colline, et moi qui trouvais que c’était plat… Et tant qu’à faire personne ne connait L’hostal ou même sa rue si, un papy qui me mettra dans la bonne direction. Franchement tout compte fait j’en ai un peu plein le dos de cette journée.

De personnes qui savent vaguement en personnes « sures d’elles mais il faudra quand même que je demande plus loin parce que c’est compliqué » je fini par y arriver. Derniers mètres, le porche à part qu’un jeune, le patron du bar à côté, m’annonce que l’hostal ouvre à 5h. Une heure et demie devant moi et avec le sac je ne vais pas aller courir. Rien à dire, c’est au-delà de tout commentaire. Un café solo et El Mundo en espérant ne pas m’endormir.

On me « libère » enfin. La chambre est fraîche, au-dessus du bar où j’ai attendu, pourvu qu’il n’y ait pas de gros bœufs ce soir. En attendant je modifie mon rituel, attendant demain pour la lessive (quoi ? quoi ?) et ce soir pour la douche. Direction le centre historique et l’office du tourisme pour les questions d’usage. Le point WIFI le plus sûr est dans un centre commercial, plus exactement dans un Burger King où une vingtaine de petits monstres fêtent un anniversaire, c’est-à-dire piaillent, hurlent, pleurent, renversent leurs cocas sous le regard de leurs mères qui, voulant les calmer, font bien sûr encore plus de bruit. « Mais tu ne le savais pas ? » me disait Evelyne hier soir. Si mais bon un p’tit miracle pour soutenir ma foi de pèlerin…

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Jeudi 02.05.2011 : Alfaro

Soirée de m… La TV de la chambre est équipée de 2 télécommandes mais ne capte q’une chaîne genre « rien que de la pub spécial kilos en trop ». Et quand les yeux éclatés par trop de Sudoku je me décide à éteindre, c’est la rue qui s’anime. Il faut dire que je n’ai jamais vu autant de bars que dans cette rue. Ni entendu un tel volume sonore. Je sais bien que les espagnols sont bruyants mais là ils cherchent à se dépasser. Il y a même des putains de gosses qui devraient être au lit et qui braillent tant qu’ils peuvent … en français (?), leurs mères aussi d’ailleurs. Mais dans quelle rue je suis tombé ?

Étape courte : seulement 24km soit 6h de crapahut alors soyons fou : grasse mat’ et départ à 7h15 pour échapper quand même à la chaleur de mi-journée. Le fond de l’air est bien moins frais que les jours précédents mais il y a toujours autant de vent et pas mal de nuages, de quoi éviter peut-être coup de soleil et effet « cocotte minute » dans la veste.

4h d’un chemin de terre parallèle à la voie ferrée, dans mes pensées et le sourire aux lèvres. Quelques trains, un signe de la main aux conducteurs qui me klaxonnent. Autour des vergers mais je ne saurais dire de quoi il s’agit. C’est paisible.

Arrêt « bocadillo » à Castejon. Hier mon bar WIFI proposait une carte effarante de bocadillos, sandwiches (ce n’est pas pareil) et hamburgers. Celui qui m’a sidéré et qui n’avait pourtant pas droit aux mentions « especial » ou « suprema » était au lomo-pancetta-œufs frits-poivrons rouges-fromage, le tout avec de la mayonnaise… Honnêtement, je n’aurais pas osé essayer. Ici, je la joue modeste : lomo-pancetta-fromage, le tiercé gagnant si vous voulez mon avis.

2 dernières heures de marche sur une route à la con : étroite sans chemin piétonnier, passante et avec des rambardes métalliques pour éviter les sorties de route et empêcher de sauter je ne sais où en toute dernière extrémité. Là, plus question de rêver, serrer au plus près les rambardes voire les fesses à chaque véhicule. M’enfin, ça aussi ça occupe.

Alfaro, son cimetière (à l’entrée de la ville Nono, et pas comme client), son banc pour tomber la veste et son p’tit vieux qui a envie de causer. Gentil mais je ne comprends absolument rien à ce qu’il raconte, je ne reconnais aucun mot. A un moment je me suis même demandé s’il n’avait pas oublié son dentier mais non. En plus il pratique une conversation « active », c’est à dire qu’il pose des questions, m’interpelle et attend des réponses. Pfff… J’en suis réduit à abréger ma pause mais il s’accroche et m’accompagne sur 300m, me lâchant heureusement quand il tombe sur des copains.

L’hôstal Moderna : moderne d’aspect. J’ouvre la porte ou plutôt essaye : rien à faire. Il y a marqué « tirar » alors je tire, je pousse même au cas où voire je secoue mais non. Portable, coup de fil, non l’hôtel n’est pas fermée, on vient me chercher. Une sémillante hôtesse qui ouvre sans aucun problème la porte, un sourire que j’espère juste commercial aux lèvres …voilà voilà voilà.
Paperasserie, en fait de clé c’est un badge magnétique, la chambre est au 3ème, l’ascenseur immédiatement à droite. À part que immédiatement à droite il n’y a qu’une baie vitrée. Bon, plus loin c’est le restaurant alors après avoir cherché un moment et en désespoir de cause je m’adresse à une serveuse, ayant trop honte pour retourner à l’accueil. La minette prend mon badge et ouvre avec la baie vitrée, m’offrant elle aussi un charmant sourire. Voilà voilà voilà.
3ème étage, j’y suis. Je suis même dans la chambre … pas prête. M… Je veux recharger mon portable : aucune prise ne marche. J’essaye les différents interrupteurs : aucune lumière. Pareil pour la TV. Je les accumule je trouve. Heureusement qu’au moment de redescendre j’avise le berceau pour la clé magnétique : tout s’illumine, m’évitant un autre moment de honte.
Pour le reste, beeen il y a le problème de la femme de chambre et avant les opérations courantes je prépare 2 phrases au cas où elle débarquerait : « estoy desnudo » et « yo no soy DSK ». Il n’aurait plus manqué que ça.
La femme de ménage est passée 1/2h après, toute penaude. Pas de souci ma chère, moi j’ai fini ma journée. J’aurai un lit refait à neuf.

Courses, visite de la ville. Il y a des expos sur le baroque un peu partout mais non, un banc et le nez en l’air à suivre le vol des cigognes. Alfaro est la première zone urbaine au monde pour le nombre de cigognes, il y en a plus de 500. Effectivement il y en a partout à tel point que les pigeons se font tout petit et ne la ramènent pas. En attendant, vu qu’elles se nourrissent au sol, je soupçonne les cigognes de voler pour le simple plaisir et vu d’en bas elles semblent bien s’éclater.

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Mercredi 01.06.2011 : Tudela

Départ dans le froid et le vent mais avec la veste. Enfin, je la mettrai au bout de 50m. Il faut dire pour ma décharge que j’ai tâté le fond de l’air de la fenêtre donnant sur une cour intérieure. M’enfin.
Les trois premières heures sont passionnantes : un chemin de terre rectiligne dans un paysage à la planéité parfaite, à se demander si heul Bon Dieu ne sortait pas d’un cours de géométrie. Et pas question de s’échapper dans sa tête : des élevages intensifs ponctuent le chemin et Nounouche et Mademoiselle Côtelette cherchent à attribuer aux congénères de l’autre les pestilences que le vent porte hélas loin. En plus, les garces ont essayé de m’en attribuer la paternité. Incroyable non ?
Une pause café, un changement de chaussures et me voici parti arpenter en spartiates le « canal impérial ». J’ai croisé ce dernier hier, c’est un canal d’irrigation, conséquent certes mais sans ombrage et sans le charme du Canal du Midi. Aujourd’hui ça va, je suis plus conciliant : un arbre tous les 400-500m, de quoi de mettre à l’ombre pour enlever les petits cailloux qui de mettent dans les tatanes (oui mon Nono : on ne peut pas penser à tout). Cheminement paisible, les bestioles se sont calmées et je peux rêvasser.
Une déception quand même, je m’étais prévu une halte au bar à « horaires aléatoires » de El Bocal (!) et là, ben le bar est sur « off ». Tant qu’à faire je quitte le canal pour une méchante route goudronnée sans ombre. Pas question de pique-niquer, ce n’est pas que j’ai faim mais je m’étais fait à l’idée d’un bocadillo moi. Et de rouspéter sans toutefois trainer des pieds à cause des petits cailloux dans les chaussures. Pas pendant 2h non mais quand même…
Tudela, ses longues avenues interminables parce que bien sûr le quartier historique où est ma pension est à l’autre bout de la ville. Je tue le temps en demandant mon chemin à tous les passants et finis par trouver la bonne rue et la pension … fermée. Et m… Je me renseigne dans le bar d’à côté : un flot de paroles du patron et des clients. J’ai dû avoir l’ai particulièrement hébété parce que le patron sortira pour me montrer la porte et la sonnette à laquelle sonner. Un second déluge de mots avec une voix de Mélicasse, purée la mégère, je comprendrai quand même qu’on allait descendre s’occuper de moi. Un banc et j’attends. 10 minutes, je commençais à attraper mon guide pour repérer un autre logement quand le proprio est sorti : un petit papy absolument adorable.
Lessive, douche, pas de sieste : je m’en vais plutôt visiter. Un faux départ, je remonterai chercher ma veste, il fait froid à l’ombre. En revanche j’ai le cuir chevelu extrêmement sensible, ça sent le coup de soleil à plein nez. Demain je joindrai le bob à la veste.
La cathédrale et ses touristes, un groupe de retraités français venu faire je ne sais plus quels sommets dans les Bardeñas. Là ils mitraillent la cathédrale, je me dis que je n’ai pas fait 10 photos. C’est joli, je suis content d’être ici mais je ne me sens pas inspiré. Bah, il y a suffisamment de livres sur l’Aragon.
Un tour à l’Office du Tourisme pour le coup de tampon sur le crédential et les question d’usage : où sont les supermercados et les café WIFI (non mon Nono, rien d’autre aussi charmantes que soient les hôtesses). Je commence à avoir l’habitude, un mapa de la ciudad et des croix à commencer par mon hôtel. Quand je pars c’est au tour de mes randonneurs à part que là, la minette leur parle en français ! Tête du Mimi, rire moqueur de l’hôtesse et des français.
Visites, courses, troquet, rêverie. Sans sieste je ne vais pas faire de vieux os moi ce soir. Enfin, aucune folie en tout cas.

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Mardi 31.05.2011 : Mallen

Un vent de tous les diables et glacial en plus. Zut (lire m…), tomber le sac et prendre la veste ? Persiste et signe, nous nous serrons, Nounouche, Mademoiselle Côtelette et moi et vaille que vaille nous avançons.
Chemin particulièrement long, 32km, avec des passages que le guide traite de « monotones ». J’aurais tendance à qualifier ainsi la majeure partie du parcours mais il y a la « promenade » au bord de l’Ebre, la vue splendide sur la vallée d’ycelle depuis Luceni. Mais toujours ce vent. Des cigognes, des hirondelles partout à croire qu’il ne les gène pas.
Opération « tiens je boirais bien un café moi ». Au premier village je me renseigne auprès d’une vénérable duègne : c’est compliqué et de me faire signe de la suivre et de m’embarquer … dans sa voiture. Et de tourner à droite, à gauche, conduisant à vive allure. Et de me dropper devant un café « social ». Heu, pour retrouver le chemin ? Au fond, à droite puis à gauche (je fais gaffe mon Nono, je répète les instructions en montrant les directions de la main). Les plans que j’aime, hier j’ai perdu 1/2h avec un renseignement pareil. Tant qu’à faire le troquet est encore fermé, il n’ouvre que dans 20 minutes. Bon, le café attendra le village suivant.
Village suivant donc par jour de marché. Un papy qui me parle de ses chemins et qui m’indiquera le troquet le moins cher du patelin : 80 centimes le kawa. Encore un bar social-municipal, deux belles tablées de femmes, selon leurs âges, en train de charrer de je ne sais quoi sans doute jour après jour. Les rares mecs au comptoir se taisent.
Une dernière pause « coca » pour changer et recharger les batteries à Luceni. Comme il est midi je pensais me taper un bocadillo mais ils n’en font pas. En revanche ils font point WIFI alors… J’attendrai l’arrivée pour graillouter. Ce n’est pas que je n’ai pas cherché un coin d’ombre pour pique-niquer mais de l’ombre il n’y en a pas alors avanti. En plus le sol semble bien dur pour mon popotin délicat.
Mallen, un Hostal de famille. Laver le linge, se doucher, même pas manger car trop fatigué. La sieste bien sûr avec une surprise quand je me lève : de l’eau par terre, j’ai retrouvé la malédiction de la douche…
Les courses … dans le froid. Honnêtement, avec la veste ce serait VRAIMENT mieux. M’enfin, je vais finir par apprendre. Supermercado (toujours pas de raviolis), pharmacie, une cabine téléphonique pour réserver pour la suite, un troquet WIFI, la TV aussi : 19 degrés de maxi demain : la veste.

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Lundi 30.05.2011 : Alagon

Départ à pas d’heure : 6h28 précisément. Pas mal de kilomètres pour un premier jour alors je préfère me « laisser de la marge ». Normalement il est sensé pleuvoir mais là il ne tombe rien. J’enfile gaillardement les avenidas repérées la veille, cherche un peu le « chemin piétonnier le long de l’Ebre » et c’est parti.
Sortie de grande ville normale, des autoroutes dans tous les sens, du bruit. Et puis ça de calme et c’est un cheminement pépère sur un terrain tout à fait plat. Pour un premier jour ça me va. Il pluine un peu maintenant puis ça se met à dracher sévère, juste le temps d’enfiler ma veste et de couvrir le sac. Diou Biban. Pause café dans un troquet avant de partir sous le regard plein de commisération des clients.
3ème heure de marche, la pluie cesse et le soleil sort. J’ai la flemme de débreller pour ranger la veste, me disant que la pause de 4h n’est pas trop loin : une véritable étuve pendant une heure, et tout ça par flemme…
Retour à la normale avec un soleil au Zenith et pas d’ombre, il va falloir que je m’acclimate. Je profite du chant des zoziaux et du vol des hirondelles. Des cigognes aussi que je dérangerai et qui s’en vont planer telles des rapaces. Et puis les dernières heures toujours un peu longues. Les pieds, les genoux se font sentir, gare à demain.
Alagon, trouver l’hôtel de proche en proche. Lessive, douche et … sieste et un méga orage, 2h de déluge (oui mon Nono : et de sieste), j’ai bien fait de ne pas trainailler moi.
Un p’tit tour à l’office du tourisme qu’on ouvrira pour moi, sympa. Tampon sur le credential, plan de la ville avec repérage de mon départ de demain, les supermarchés pour le ravitaillement, les bars équipés de WIFI : c’est Bizance ! A part qu’ils n’ont pas de raviolis en boite au supermercado. Me suis essayé ça sans même les réchauffer hier, la flemme d’attendre que l’ibère avant moi libère les plaques électriques, et c’est mangeable tel quel, à même la boite. Encore faut-il en trouver. M’enfin les albondigas en salsa ça devrait le faire. Je fais super gaffe à mon alimentation parce que je suis un sportif de haut niveau ( ta gu… Nono) et surtout parce que j’ai la tripaille en vrac. Heureusement qu’ « ultra-levure » se prononce pareil en espagnol !

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Dimanche 29.05.2011 : Zaragosa

Une nuit dans un bus plein à somnoler plutôt qu’autre chose. Pas de pause non : une, dans la bretelle de sortie d’une aire d’autoroute, pas question de de dégourdir les jambes quoi. Et Bilbao au petit matin, à 6h. Chercher le bus suivant à part que non ce n’est pas celui-ci même s’il y a marqué Zaragosa. Il me faut un bus « international », pas moins. Ah.
Dernier tronçon dans un bus « international » donc. Une douzaine de pèlerins français, retraités en chemin organisé par la Balaguère. Ils papotent, je rattrape ma nuit.
Zaragosa, un bus « de ville », Notre Dame du Pilar, l’albergue et son hôtesse francaise : un dortoir pour moi tout seul et surtout j’y suis, je peux respirer.
Un short, la panoplie du touriste et c’est parti. La basilique pour saluer entre autre Marie, il y a même un endroit où on peut embrasser le pilier, un pilier bien usé par les caresses, un peu comme l’arbre de Jessé de la cathédrale de Santiago. Et puis du tourisme, à commencer par le camp de tentes sur la place du Pilar. Les jeunes indignados comme partout en Espagne.
Deux heures de marche puis la sieste qui s’impose. Il fait chaud, lourd même, d’ailleurs de violents orages éclatent. Je les intègre à des rêves bien météo, cartes et collègues à l’appui. Ce qui en restera, c’est la flaque d’eau occupant bien 1/4 de la surface du dortoir. Et m… et je ne me suis même pas douché. Bon, demander une serpillière et un seau et hardi petit.
Diner à la française vers 20h devant les infos, le titre du Barça bien sûr. Et puis essayer de dormir « tôt » fenêtres fermées : demain ce ne sont pas 26 mais 30km qui l’attendent, une petite erreur…

Posted in Saint-Jacques, Saragosse 2011 | Leave a comment